mardi, 10 mars 2015 04:22

Dur, dur, d'être président !

Écrit par Farid GH.
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C’est dans une ambiance pesante que la bande des quatre, plus un, est arrivée. Le pas lourd et la mine renfrognée, ils se sont enfoncés, sans un mot, dans les fauteuils en cuir de vache hollandaise de couleur orange. Après un long moment, le doyen d’entre eux lance le laconique constat de plusieurs mandats présidentiels ininterrompus : Ce n’est pas facile !


Les quatre, plus un, constituent un club extrêmement fermé où les membres sont cooptés par la majorité absolue de ses cinq membres permanents. Ceci explique qu’ils aient constamment alimenté les fantasmes conspirationnistes de leurs alter egos jaloux de leur puissance et pouvoir supposés. En réalité, voici la vérité.

D’abord qui sont ces mystérieux quatre, plus un ?

Présentation :

- Le premier, celui qu’on surnomme benoîtement le Doyen car plus ancien président en exercice ; c’est l’homme de la haute montagne, une tête brûlée qui prétend posséder des dossiers secrets susceptibles de faire plonger les plus puissants.

- Le second, celui qui semble bien parti pour succéder à l’éternel doyen, est aussi son ennemi intime ; c’est l’homme des hauts plateaux, un homme de poids qui flotte dans les airs, un fort en gueule, craint de tous, aussi bien pour ses déclarations menaçantes que pour ses multiples altercations. Un belliqueux.

- Le troisième, est connu pour louvoyer, tantôt à droite, tantôt à gauche, comme les méandres d’un grand oued. Des qualités qui en ont fait un redoutable politicard, zélateur bilingue de la langue de bois.

- Le quatrième de la bande est rusé comme un fennec ; il a constamment employé des moyens détournés pour parvenir à ses fins en noircissant les situations. Son éternel cigare est une arme sournoise qui lui permet d’enfumer les esprits des auditeurs.

Ces cadors ont cependant un point commun : Ils sont aussi adroits à se glisser subrepticement qu’à déjouer les pièges pour arriver à leurs fins. Leur arme fatale est la démission, quoique leur tendance à en abuser ne dupe plus quiconque.

- La cinquième, roue de la charrette, est un néophyte, qui s’est retrouvé par hasard, dans ce milieu mystérieux et mystificateur. C’est le représentant es qualité de la manne publique qui déverse abondamment les deniers d’un viager inespéré. Fonctionnaire instruit à la bonne moralité, il semble manifestement égaré au milieu de ce club diabolique et sa présence une méprise évidente. Pourtant son patronyme lui confère toute la légitimité. Au demeurant les quatre ne font pas de chichi pour lui exiger d’introduire illico presto un recours pour obtenir la grâce au cinquième cavalier de la bande, leur vrai frère d’armes, un ancien taulard, négociant de poudre de perlimpinpin, qui rêve de reprendre sa part de galette.

C’est dire que cette baudruche effacée est totalement ignorée par le quintet, moins un.

En attendant la reconstitution de l’envoûtant club des cinq terrifiants, les quatre ont adopté à l’unanimité des résolutions secrètes et décisives, transcrites par le futile et éphémère cinquième membre. Une source anonymous a transmis la minute du compte rendu de la réunion du cabinet noir dont nous dévoilons, en exclusivité, quelques extraits des décisions prises qui, sans aucun doute, constitueront une formidable avancée pour le sport roi algérien.

Pour nous dédouaner aux yeux du ghachi djiaane oua ghyour et afin de nettoyer notre mauvaise réputation de présidents kavya, tout juste bons à se mettre plein les poches, qui parlent pour ne rien dire et balancent tout et n’importe quoi sur tout le monde, il a été décidé de :

- Établir un guide repère pour l’ensemble des membres du club, consistant à avoir une tenue vestimentaire digne de notre rang en supprimant l’aspect habituel de chien coiffé. Ainsi, l’habitude de sortir la chemise du pantalon doit disparaître ; Le port du costume noir ou bleu foncé avec cravate unie assortie est obligatoire ; Le port des chaussures sans chaussettes et/ou de chaussures transformées en espadrilles est interdit. Elles devront être de couleur noire et vernies (aucun rapport avec la couleur de nos âmes et notre bonne fortune) ;

- Soigner son apparence en étant toujours rasé de frais. Le parfum et le déodorant sont préconisés, mais facultatifs. Les cheveux, pour ceux qui en ont, doivent être régulièrement lavés avec un produit antipelliculaire, soigneusement peignés, brossés et disposés à plat ou en arrière. L’utilisation de gel coiffant n’est pas recommandée ;

- Bannir les rots bruyants et les lâchers de prouts, sonores ou silencieux, en public ;

- Obtenir, par dérogation exceptionnelle, le diplôme d’entraîneur CAF C puisque, de toutes façons, l’équipe entrante est désignée par les présidents ; les entraîneurs en place n’étant qu’une khoudra fouq aacha ;

- Importer, en urgence, plusieurs conteneurs de sacs en plastique et du bois de Malaisie pour maximiser les dessous de table.

Subsidiairement :

- Gracier à vie notre président doyen, car il est l’esclave des turpitudes.

- Maintenir notre politique agressive de démolition de notre ennemi commun, cette équipe de quartier qui nous rend la vie impossible et met gravement en péril notre organisation. Nos teyabat el hammam, mangeuses de casse-croûte avariés, de la presse écrite et audiovisuelle devront redoubler de férocité.

Plus rien n’étant à l’ordre du jour, la séance est levée.

Fait à Mercure, le jour des lanternes, en ce mois de la chèvre 未 wèi.

Par Farid GH.

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