mercredi, 24 septembre 2014 11:59

Les marionnettes

Écrit par Farid GHILI
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Qui n’a pas entendu parler du fameux "J ‘ACCUSE" d’Emile ZOLA, une tribune publiée en première page d’un journal parisien. Grâce ou à cause de cet article, repris par toute la presse qui en fit ses choux gras, un procès, juste ou injuste (ce n’est pas le sujet) deviendra une affaire qui divisera la France pour aboutir in fine à sa révision.

Ce n’est donc pas par hasard que l’expression "quatrième pouvoir" désigne les médias. Qu’en est-il en Algérie ?


Si on reste dans le cadre circonscrit du sport, force est de constater que cette presse, qui a proliféré comme le chiendent dans le gazon soi-disant naturel des terrains de foot algériens, perd (trop) souvent l’occasion de jouer son rôle d’informer de façon factuelle le grand public sur la base de données et d’informations tangibles.

Ce n’est pas la première fois qu’elle drible ses lecteurs en éludant les dossiers dérangeants, dès lors que cela n’avantage pas ses deux clubs favoris, chouchoutés comme des starlettes sans talent, émerveillées de se voir en haut de l’affiche.

Un récent exemple des plus édifiants vient fortifier cette triste vérité.

Ce qui aurait dû être "l’affaire Bitam", du nom du linesman qui a courageusement dénoncé publiquement, en plein match, les magouilles de certains décideurs de la maison football algérien, a donné lieu à un traitement concomitant eu égard à l’implication des "deux clubs les plus médiatisés d’Algérie", pour reprendre la vaniteuse formulation du novice président d’un club, prétendument doyen, et manifestement plein d'admiration pour soi-même.

Au lieu de saisir ce qui aurait dû être une extraordinaire occasion de rechercher la vérité en faisant des enquêtes et en allant à la chasse aux renseignements, voilà que cette presse, fidèle à sa sournoise ligne de conduite, fait siens les piteux arguments des mis en cause en les débitant comme un petit perroquet, sans états d’âme.

Comment pouvait-il en être autrement lorsque l’on connait le sort réservé à l’affaire du président de la Saoura, condamné en première instance à la prison ferme, mais dont les suites ont été noyées dans les abysses de l’oubli.

L’omerta est connue pour être la loi du silence. "Une règle tacite, imposée par les mafieux dans le cadre de leurs affaires criminelles. Cela implique, entre autres, la non-dénonciation de crimes et le faux-témoignage. Elle s'impose non seulement aux mafieux eux-mêmes, mais aussi à tous ceux qui seraient susceptibles de témoigner contre eux en justice. Le châtiment pour la violation de cette loi est la mort." Cette affaire, une fois de plus, n’en sera pas une.

La presse audio-visuelle et écrite, qui accuse à longueur de colonnes et de parlottes l’USMA d’être favorisée par l’arbitrage, doit se sentir aujourd’hui grotesquement ridicule. Dommage que le ridicule ne tue pas.

En réalité, la grande victime du fricotage orchestré par cette bande de mafieux, prenant en otage le foot ball algérien, est bien l’USMA. Bitam a confirmé que le match de la super coupe "remporté" par le MCA a été magouillé au détriment de l’USMA, sur injonction ! Ceci n’est pas sans nous rappeler la finale de la coupe d’Algérie de 2006 perdue face à ce même adversaire.

Cependant, le prétendu arrangement devant favoriser Aïn Fekroun face à la JSK nous fait sourire.

A mon avis, Bitam n’a pas compris les consignes du jour car tous ceux qui ont vu le match à la TV ont été choqués par le parti pris flagrant de l’arbitre en faveur la JSK, quoi qu’en dise le doyen des présidents des clubs algériens qui, naturellement, a profité de cette tortueuse délation pour verser ses inévitables larmes de crocodile.

L’autre victime est BITAM qui a décidé de ne plus jouer au pantin désarticulé. Son acte de contrition, même tardif, ne lui sera jamais pardonné. BITAM est définitivement mort en tant qu’arbitre car il a décidé d’être la victime expiatoire en se sacrifiant sur l’autel de l’amoralité.

En vain ? Probablement. A l’image des antiques sociétés romaines pratiquant les sacrifices humains, se traduisant par une attitude ambivalente entre l’obligation de mettre à mort la victime et le déni d’assumer la responsabilité morale de cette mort.

Néanmoins, en dépit de cette trahison, les marionnettistes continueront de jouer les grandes marionnettes en recourant, si besoin est, à leurs factotums traditionnels, les mass médias guignolesques. Des marionnettes manœuvrables à gré.

Ainsi font font.....

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